Une Seconde d’Éternité
Aleksandra Czuja – Sandra Krasker
Une exposition du 2 au 20 Octobre 2018 – Vernissage le samedi 6 Octobre à 18h
Galerie Jean-Louis Ramand – Aix-en-Provence

[…] Une seconde s’intègre alors à l’éternité de l’Être. Chaque artiste amène une nouvelle perception de ces temps croisés, alliant dans sa pratique l’expression de ses souvenirs personnels à la mémoire collective afin d’inscrire pour l’éternité la fragilité de nos existences. N’est-ce pas là la symbolique des crânes de vanité, objet sempiternel de la figuration plastique ? Le temps fuit, nous l’expérimentons puis tentons de le figer. Sans doute est-ce cette constatation qui a conduit Lessing, au milieu du XVIIIe siècle, à opposer dans son esthétique musique et poésie – arts déployant leurs signes dans le temps – à peinture et sculpture : les arts visuels nous font contempler un instantané, une seconde de vie, de pensée, de rapport à l’extérieur de soi inscrit dans l’espace. […]

(extrait) Blandine Boucheix

La galerie Jean-Louis Ramand a choisi pour son exposition “Une Seconde d’Éternité“ un duo d‘artistes dont le dessin est le principal medium. Dans leur pratique, les deux artistes portent l‘expérience du dessin vers de nouveaux supports de création.

Influencée par la technique de la fresque qui se réalise par couches successives, Aleksandra Czuja produit des dessins de format intime sur du papier toilé. La finesse des traits nous révèle dans les détails une certaine violence, mais qui sera magnifiée par l‘artiste en une forme de douceur intemporelle. Dans un processus long, Aleksandra Czuja explore les références aux grands maîtres, les repères et figures symboliques qu’elle croise avec son propre vécu, ses photos de famille comme un photomontage qui devient le reflet de notre monde.

Dans son travail récent Sandra Krasker mène une recherche visuelle et temporelle en combinant deux médiums, la vidéo et le dessin. A travers sa vidéo « Faut-il tuer l‘idole» de format d‘un peu plus d‘une minute, l‘artiste questionne sur la représentation de l‘idéal et de l‘idole. A partir de cette vidéo, l‘artiste crée des dessins, image par image pour visualiser une représentation physique exacte d’une seconde mais que l’on peut arrêter à tout jamais par le trait : une seconde d’éternité sur papier, une seconde qui surgit du passé et qui sort de notre espace-temps.

*Exposition inscrite dans la saison du dessin initiée par Pareidolie 2018.